KMCabinet apprenantAlexandre Assor · Mémoire DEC

Le mémoirePartie III · DémontrerChapitre 2Section 2

Section 2

Côté collaborateur : reprendre une tâche et savoir quand demander de l’aide

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Paragraphe 1Mettre les supports à l’épreuve d’un travail

Pour apprécier la transmission, le cabinet confie un travail à une personne qui ne l’a pas préparé : un rapprochement, un contrôle ou la préparation d’un rendez-vous. Le participant dispose de la fiche du dossier, du programme de travail, de l’annuaire, des pièces et d’une version identifiée de la méthode. Il commence sans commentaire de la personne qui a rédigé la méthode.

Le résultat permet d’examiner ce que les supports rendent possible. Le participant a-t-il trouvé les bonnes versions des pièces ? A-t-il conservé les distinctions que la méthode impose ? Sait-il à qui demander ce qui manque ? Ces questions sont plus utiles qu’une appréciation générale de la facilité d’un outil. Elles portent sur les conditions nécessaires pour mener le travail.

L’annexe 2 fournit une consigne, un jeu de pièces et les critères de relecture, sur l’exemple du rapprochement mensuel d’un organisme de formation. Le résultat de référence sépare les éléments attendus des données remises au participant. Le responsable conserve la production, les demandes d’aide et les corrections, puis conclut sur la tâche examinée. Ce protocole permet au cabinet d’éprouver la reprise sur ses propres dossiers, en conservant les productions des participants avec la version testée.1

Paragraphe 2Corriger ce qui empêche la reprise

Une demande d’aide indique où poursuivre le travail de construction. Si le participant ne trouve pas la pièce, il faut examiner son classement ou son accès. S’il trouve la pièce mais ne comprend pas pourquoi elle est nécessaire, la consigne demande une explication. S’il reconnaît un cas que la méthode ne couvre pas, le recours au chef de mission est le comportement attendu.

Cette distinction évite de transformer tout obstacle en nouvelle procédure. Le défaut peut se situer dans la fiche du dossier, l’annuaire, le support commun ou les droits d’accès. La correction rejoint l’endroit qui en est la cause. Préciser dans l’annuaire qui, chez le client, confirme une donnée aide à traiter un écart de dates. Ajouter une règle générale de facturation ne répondrait pas au même besoin.

La passation à blanc organise ce travail avant le départ d’un collaborateur. Celui qui reprend prépare une tâche. La réunion qui suit porte sur ce qu’il a dû demander. Une explication orale peut être nécessaire, notamment pour une situation sensible. Son apport sert alors à compléter les supports utiles au suivant. Le nouvel essai vérifie que la correction facilite effectivement le travail. Cette vérification prolonge l’exigence d’efficacité des actions correctives de l’ISO 30401.2

Paragraphe 3Distinguer l’aide de l’assistant et l’apprentissage du collaborateur

Deux épreuves éclairent des questions différentes. Comparer une sortie de l’assistant à l’analyse préalable d’un sachant aide à examiner la qualité de l’assistance : sources retrouvées, faits pris en compte, omissions, raisonnement proposé. Faire préparer une tâche par un autre collaborateur aide à examiner la transmission : compréhension de la méthode, adaptation au dossier et recours approprié. Ces deux épreuves ne se confondent pas, et leurs résultats se conservent séparément.

L’apprentissage se poursuit lors des usages suivants. Le collaborateur rapproche la méthode du nouveau cas, reconnaît ce qui change et explique ce qu’il propose. Un retour sur une consigne ambiguë peut améliorer le support commun. Le principe de revue par le réemploi, propre à la connaissance centrée sur le service, donne à cette participation une place dans le travail courant.3 Le temps d’autonomie d’un collaborateur récent se lit dans ces reprises successives : ce qu’il traite seul, ce qu’il demande, ce qu’il sait expliquer. Cette lisibilité de la trajectoire est ce qui fait accepter le dispositif : il aide le collaborateur, il ne le note pas. L’autonomie attendue comprend ainsi le discernement : savoir traiter ce qui est couvert et demander un arbitrage sur le reste.


  1. Les cas préparés dans Méridien sont des supports d’essai. Les productions d’un participant et leur relecture professionnelle doivent être consignées pour conclure sur une reprise effectivement réalisée.↩︎

  2. ORGANISATION INTERNATIONALE DE NORMALISATION, ISO 30401:2018, Systèmes de management des connaissances, 2018, paragr. 10.1.↩︎

  3. CONSORTIUM FOR SERVICE INNOVATION, KCS v6 Practices Guide (Knowledge-Centered Service), 2016, technique 4.1.↩︎

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