KMCabinet apprenantAlexandre Assor · Mémoire DEC

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Section 3

Le coût de la formalisation, avant 2024

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ISO 30401 · 7.1, 4.4.2 dRessources et connaissances obsolètesce qui a manqué

Pour éviter d’ajouter cette charge aux praticiens, la formalisation peut être confiée à une personne spécialisée. Cette organisation réduit l’effort de rédaction demandé aux équipes. Son coût l’a longtemps réservée aux structures capables d’affecter des moyens durables à cette fonction. Le repère de 2024 correspond ici à la diffusion des assistants d’intelligence artificielle générative dans les cabinets. Il ne signifie pas que les coûts de validation et de maintien ont disparu.1

Paragraphe 1Le coût des méthodes d’ingénierie des connaissances

Les méthodes d’ingénierie des connaissances sont celles de spécialistes qui recueillent le savoir des experts pour l’écrire. Elles organisent des entretiens avec les praticiens, analysent leurs activités, structurent les résultats puis les soumettent à validation. Leur intérêt est établi. Elles peuvent mobiliser plusieurs demi-journées par sachant et demandent ensuite un travail de maintenance. Aucun coût comparatif n’est établi ici, la charge dépendant du niveau de formalisation visé et se mesurant localement. Des projets pilotes ont ainsi pu s’étendre sur plusieurs mois.2 L’annexe 9 compare ces méthodes, leur question centrale, l’apport mobilisable et la charge à évaluer localement, pour choisir un niveau de formalisation proportionné au problème.

Cette charge correspond au niveau d’exigence recherché : produire une connaissance structurée, validée et maintenue. Ourouk observe qu’une fonction de responsable des connaissances à temps plein trouve plus facilement sa place dans les organisations qui réunissent un nombre important de professionnels. Une approche locale reste possible. La gouvernance, la vérification et l’animation gardent un coût humain.3

Paragraphe 2Une ingénierie coûteuse pour un cabinet indépendant

L’économie du secteur accentue cette difficulté. Les prix des prestations comptables ont progressé moins vite que l’inflation entre 2010 et 2022, et une partie des gains de productivité a été transférée aux clients sous forme de pression sur les tarifs.4 Une fonction permanente consacrée au management des connaissances trouve difficilement sa place dans le budget d’un cabinet indépendant. Cette difficulté dépend des moyens et des risques propres à chaque structure, et n’est pas établie de manière générale.

Fouillé proposait déjà la fonction de rapporteur, chargé d’écrire ce que les professionnels n’avaient pas le temps de formaliser.5 La proposition répondait au besoin et supposait une ressource distincte. La norme rappelle que le système doit disposer des personnes et du financement nécessaires.6 Une solution adaptée aux cabinets doit donc réduire le coût de préparation sans effacer le temps consacré à l’examen et à la décision.

Oussama Ammar situe ce basculement du côté de l’outil, dont la fabrication sur mesure cesse d’être réservée aux structures qui peuvent la financer : « Jusqu’à présent, le software c’était du surgelé […], c’est la même chose pour tout le monde. […] Le chef, il te regarde et il fait le menu que pour toi. » Il en tire que l’avantage revient à ceux qui détiennent une connaissance profonde d’un métier, la technique devenant une commodité.7

Paragraphe 3Les quatre exigences issues du diagnostic

Quatre exigences se déduisent de ces trois causes :

  • le recueil intervient pendant le travail, à partir d’éléments déjà produits (E1 et E21 du cahier des charges)
  • chaque ressource reçoit une personne responsable et une échéance de révision (E11, E13 et E17)
  • le temps de discussion et de validation entre dans la charge planifiée (E17)
  • une réponse utile à plusieurs dossiers peut devenir une réponse commune du cabinet sans être rédigée de nouveau par chaque collaborateur (E8 et E11)

Ourouk rassemble ces opérations sous la notion de gouvernance des connaissances : qualifier, hiérarchiser, mettre à jour et retirer dans un périmètre défini.8 Cette gouvernance ne préjuge pas de l’outil choisi. Elle décrit les décisions qui devront être prises pour qu’une ressource demeure utilisable. Les causes concurrentes d’une reprise difficile y restent notées comme telles : accès aux documents, compétence insuffisante, qualité des sources ou supervision normale.

Paragraphe 4La confirmation par les entretiens exploratoires

Les entretiens exploratoires rejoignent cette analyse. Les deux témoignages en donnent une expression nette : la collaboratrice redoute « l’outil de plus », et le chef de mission estime qu’une démarche de partage ne résistera pas à la priorité donnée à la production si aucun temps ne lui est consacré. Chez l’un comme chez l’autre, la même exigence revient sous plusieurs formes : la contribution doit être utile dans le travail en cours, son effort doit être reconnu, et la direction doit rendre son engagement visible.

Ces entretiens ont mis le diagnostic à l’épreuve et fourni la matière des personas utilisés dans la démonstration. Ils conduisent à juger la solution autant par son coût d’usage et son insertion dans le travail que par la qualité des contenus qu’elle produit. L’annexe 4 présente la grille, le traitement des entretiens et le passage des situations recueillies aux personas.

Clôture du chapitre 2

À emporter – chapitre 2

Un dispositif durable doit rendre un service visible dans le cours du travail. Le cabinet précise donc, pour chaque rôle, le bénéfice attendu, l’effort ajouté et le temps disponible pour examiner les propositions. L’associé porteur protège ce temps et attribue le maintien des ressources. À défaut, le périmètre est réduit avant toute construction.

Contribution à la feuille de route. Transformer les causes de panne des dispositifs passés en conditions d’adhésion et de continuité.

Le système à construire devra donc traiter trois difficultés : l’effort demandé aux équipes, la séparation avec le travail courant et le coût du maintien. Le chapitre 3 dit d’abord ce qui a changé depuis 2024, puis écrit ce que le système devra garantir.


  1. OMECA, Baromètre des métiers de l’expertise comptable, 2024, questions 12 et 13 ; OUROUK, La mise à profit de l’intelligence artificielle dans la gestion de l’information et la valorisation des connaissances, 2025, p. 20‑22.↩︎

  2. SAULAIS Pierre et ERMINE Jean-Louis, Management des connaissances dans les entreprises innovantes 1, 2021, p. 43‑44 et p. 149.↩︎

  3. OUROUK, Renouveler le regard sur le knowledge management, 2023, p. 34, p. 50-51 et p. 76.↩︎

  4. XERFI PRECEPTA, Le marché de l’expertise comptable et de l’audit à l’horizon 2024, 2022, p. 17 et p. 20.↩︎

  5. FOUILLÉ Maël, Mise en place d’une gestion des connaissances dans un cabinet de taille moyenne, 2000, p. 3‑4.↩︎

  6. ORGANISATION INTERNATIONALE DE NORMALISATION, ISO 30401:2018, Systèmes de management des connaissances, 2018, p. 11.↩︎

  7. AMMAR Oussama, Entretien exploratoire sur l’expertise comptable, 2026.↩︎

  8. Ourouk, 2023, p. 16 et p. 64.↩︎

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